Lucie, violée par un fasciste

Accion Antifascista - Pau / Bearn

Lucie est une militante antifasciste. Elle lutte par conviction, elle lutte par nécessité. En août 2013, Lucie a été violée par un opposant politique. Un fasciste. Un acte certes profondément choquant pour ses camarades, mais profondément douloureux et destructeur pour elle. Elle a choisit de continuer à se battre parce que son viol n’est pas un acte isolé. Elle a choisit de faire de son cas particulier une lutte générale contre le sexisme.

Cette lutte passe par la dénonciation de l’idéologie patriarcale qui règne encore actuellement dans l’État français. La peur des représailles, du jugement, la loi du silence implicite qui régit nos rapports sociaux, beaucoup de choses permettent aux violeurs de s’en tirer. La culture du viol qui sévit aujourd’hui dans nos sociétés contribue à leur permettre de violer, de violer à nouveau.

Ce viol, ainsi que tous les autres, est un crime profondément fasciste parce qu’il est un…

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Du spray au poivre et des coups de couteau

DU SPRAY AU POIVRE ET DES COUPS DE COUTEAU

 Le calvaire d’une meuf violée, c’est pas juste au moment où ça se passe, c’est pas juste dans les semaines qui suivent, c’est pas juste le trauma. C’est que le violeur, il existe toujours, il est toujours là. Il se balade toujours dans ma ville, c’est une pression permanente, une menace perpétuelle. Mon agresseur a fait le choix de garder cette menace comme arme de dissuasion, comme suite logique du viol. Si je n’ai pas arrêté de militer, avec un viol,peut-être qu’avec un autre j’arrêterai. La peur des représailles est toujours présente, les traumas toujours vivaces, et de l’autre côté, évidemment, il y a la fierté qui fait que je refuse de me cloîtrer chez moi.

C’est concret, ça s’est passé, je ne peux pas faire l’impasse sur ça. Parce qu’au supermarché je le croise, au bar, dans la rue. Parce qu’un peu avant les fêtes de fin d’années, au lieu des regards dégueulasses et des gestes de la main de d’habitude, cette fois-ci il y a eu les insultes, les bousculades, on se bat, un nuage de spray au poivre et du sang sur le goudron. Et aujourd’hui j’ai sept points sur la cuisse. Parce qu’il a fait le choix de sortir son cran d’arrêt quand moi je n’avais que mes poings.

Et même si je fais en sorte d’être toujours accompagnée par mes camarades antifa, féministes ou de Solidaires Etudiant-e-s, ce n’est pas une situation durable, car je souhaite garder mon anonymat notamment pour mon syndicat étudiant. Et que si un jour, comme ce fut déjà le cas, il débarque sur le campus, je ne pourrais pas ignorer sa présence bien longtemps.

Ce que je souhaite, ce n’est pas de lever mon anonymat pour une pseudo sécurité. Encore une fois, porter plainte ou pas, cela ne change en rien ma situation. Le faf aurait été toujours en liberté pendant la procédure, donc inutile de continuer de m’attaquer sur cela pour éviter de parler du sujet du viol, pour éviter de parler de ce crime fasciste. Je n’ai pas envie non plus de me faire escorter H24. Je n’ai pas envie non plus que des camarades se mangent 20 ans de prison ferme.

Ce dont j’ai besoin, c’est que le milieu antifa, féministe et celles/ceux qui se disent progressistes prennent des positions officielles pour faire front. Les solidarités officieuses, lui ne les connaît pas, et même si cela me fait du bien, elles ne me protègent pas.

Lucie.

Manif féministe pour tou-te-s (mixte) le 22 novembre à Toulouse

MANIF FÉMINISTE POUR TOU•TE•S
(MIXTE)
Mon corps, mon choix !

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SAMEDI 22 NOVEMBRE 2014
À 14H- PLACE SAINT SERNIN
DEVANT LA BOURSE DU TRAVAIL

Le 25 novembre 1960, les soeurs Mirabal, communistes opposantes à la dictature de République Dominicaine, étaient assassinées par le pouvoir. Parce qu’elles étaient femmes et qu’elles avaient décidé de leur destin. Cette date est aujourd’hui la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.
Cette année encore, la guerre contre les femmes n’a pas cessé. Cette guerre, elle nous a été déclarée il y a longtemps. Nous défilerons aux côtés de toutes les victimes du système hétéro-patriarcal.

Parce que nous refusons toutes les violences patriarcales qui se passent dans l’espace public, comme dans l’espace privé. Quoi que les gentEs en disent : le privé est politique !
150 000 viols ont lieu tous les ans. 10% des femmes en Europe ont vécu des violences sexuelles… Si certaiNEs n’aiment pas le terme, nous n’en restons pas moins des victimes de l’État sexiste, de tous les agresseurs, de la domination systémique et structurale qui s’infiltre jusque dans nos chairs.

Parce qu’on nous a appris à nous méfier de la nuit, à sortir accompagnéEs. Au contraire on veut pouvoir sortir à toute heure sans se faire emmerder ni par les dragueurs ni par les flics ou encore les caméras de surveillance. On en a marre de se faire « draguer » comme si c’était valorisant ! En mini-jupe, en slim, en baggy ou peu importe mes fringues, mon corps n’est qu’à moi !

Parce qu’on en a marre que les arguments féministes soient récupérés à des fins racistes et islamophobes ! Depuis les lois successives qui excluent de l’espace public et stigmatisent les femmes qui portent le voile, la burqua, le niqab ; l’islamophobie, le racisme et le sexisme sont omniprésents. Rasée ou non, voilée ou non, il n’y a pas de bonnes et de mauvaises femmes !

Parce que nous sommes les premièrEs à subir les effets du capitalisme, notamment en temps de crise. On est bloquées dans des emplois précaires, pénibles et sous-payés. En plus, on travaille gratuitement et dans l’ombre en gardant des enfants, en s’occupant des personnes âgées, etc.

Parce que nous dénonçons les lois d’exclusion qui rendent encore plus vulnérables aux violences masculines les femmes sans-papièrEs, en les isolant et en les forçant à vivre dans la clandestinité.

Parce que depuis la « Manif’ Pour Tous », les agressions lesbophobes, biphobes et transphobes se sont multipliées : nous ne voulons pas laisser défiler ces réac’ dans l’indifférence la plus totale !

Parce qu’en France, avorter est toujours un délit pénal et les dérogations pour pouvoir interrompre une grossesse sont parmi les plus restrictives au monde (délais très courts, accès restreint…). Et si la morale impose de vivre l’IVG dans la culpabilité, la honte et le secret, l’interruption de la grossesse devient conseillée quand l’enfant ne répond pas aux critères de « normalité » (sourdE, interxesuéE…). L’avortement ne doit pas être un outil de sélection médicale des individuEs mais une liberté pour les personnes de
maîtriser leurs corps et leurs vies !

Parce qu’on veut pouvoir avorter et/ou accoucher comme on le veut, quand on veut, avec qui on veut : ce n’est pas parce qu’on est hétéro qu’on doit avoir des enfants, ce n’est pas parce qu’on est lesbienne ou trans qu’on ne doit pas en avoir.

On veut avoir accès à la Procréation Médicalement Assistée et à la Gestation Pour Autrui librement et gratuitement. Pour toutEs celles et ceux qui ont la volonté d’avoir des enfants.

Parce qu’être parentE dans une société sexiste est une lutte quotidienne, on est solidaire des personnes qui ont fait le choix d’avoir des enfants.

Parce que les enfants intersexes sont systématiquement mutiléEs pour les faire rentrer dans la norme.
Les papiers d’Etat civil continuent de genrer les personnes en fonction de ce qu’elles ont entre les jambes à la naissance, selon un schéma binaire homme/femme d’après une lecture elle-même binaire des appareils génitaux (mâle/femelle). On assigne donc une identité de genre selon des critères anatomiques. C’est une erreur, l’identité de genre n’est pas liée au corps. Cette assignation mène à des mutilations forcées sur les personnes intersexes.

Parce que l’école continue d’éduquer différemment les filles et les garçons selon des normes hétérosexistes !

Parce que les travailleurEUSEs du sexe subissent toujours plus de répression policière et de violences machistes. Nous nous opposons à la mise en place de la loi de pénalisation des clients prétendant les protéger. Et à Toulouse, l’arrêté municipal anti-prostitution met davantage en danger les travailleurEUSEs du sexe en les éloignant des centres-villes, en renforçant la clandestinité de leurs activités et en les stigmatisant toujours plus.

Parce que touTEs celles et ceux qui ne correspondent pas aux critères de « normalité » et aux standards imposés en raison de leur apparence, de leur genre, de leur handicap, de leur race, de leur classe sont excluEs, déconsidéréEs et discriminéEs.

Pour Lucie, violée par un fasciste en punition et par défi. Violée parce qu’elle est une femme, pour la remettre « à sa place », parce qu’elle est antifasciste.
Pour Lucie et pour touTEs les autres, victimes de viols en tous genres, invisibiliséEs, isoléEs ou non.
Parce que le viol est une des manifestations les plus violentes du patriarcat. Parce que c’est un outil de domination parmi tant d’autres, clairs ou insidieux mais toujours violents.

Pour toutes les victimes de viols et de la violence hétéropatriarcale.

Féministes tant qu’il le faudra !
Ni invisibles, ni disponibles !

L’AG Féministe Toulousaine !

Déclaration de l’OCFR suite à la manifestion du 11 Octobre à Paris

affiche rouge 3Hier, s’est tenue une manifestation à Paris en solidarité avec Lucie. Nous sommes d’ailleurs plutôt satisfait-e-s, car certes, de mobiliser est difficile, long, pénible, mais les attaques destructrices ont été plutôt rares et que cette manifestation aie eu lieu, que d’autres initiatives aient lieu, que des solidarités se créent, se recréent, s’approfondissent est positif.

Nous souhaitons néanmoins repréciser certaines choses.

Nous le répétons encore une fois, si nous avons mis autant de temps à parler, c’est de notre responsabilité collective.

Lucie a mis du temps à nous en parler, à nous, déjà, parce qu’elle n’avait pas confiance en nous, qu’elle n’était pas sûre qu’appartenir à la même organisation que nous signifiait qu’elle recevrait de la solidarité, que nous serions prêt-e-s à affronter la violence des faits, que nous ne les minimiserions pas.

Lucie avait raison d’avoir peur, car ça a été un cauchemar dans notre organisation et notre entourage politique proche lorsqu’elle a parlé : nous avons du essuyer trois mois et demi d’attaques, alors que nous étions affaibli-e-s par les contrecoups moraux du crime fasciste dont elle a été victime, contrecoups moraux qui étaient l’un des objectifs de ce crime.

Nous savions d’expérience ce qui allait se passer quand nous allions nous exprimer publiquement.

Nous savions que le fait qu’elle ne porte pas plainte serait l’occasion pour certaines féministes de se désolidariser, que certain-e-s la rendraient responsable des potentielles futures exactions de ce fasciste. Nous savions aussi que conserver son anonymat serait un point d’appui pour nier la véracité des faits voire l’existence même de notre camarade.

Mais si elle avait porté plainte, si nous avions levé l’anonymat, là encore, nous aurions été attaqué-e-s, parce que le comportement des femmes violées est toujours disséqué, scruté, à la recherche de la faille qui permettra de les attaquer afin de les détruire.

Par contre, nous ne nous attendions pas vraiment à ce qu’on refuse de « nous faire de la pub ». Nos solidarités n’ont pas de barrières organisationnelles et idéologiques, ne se limitent pas aux militant-e-s, d’ailleurs. Face aux violences sexistes, racistes, fascistes, islamophobes, nous essayons de faire notre travail.

Nous ne pensons pas que notre secte militante, secte militante parmi les autres sectes militantes, doive éliminer les autres parce qu’elle est la seule à détenir la vérité absolue qui mènera à la révolution. Nous pensons que l’autocritique est essentielle et espérons que celle que nous réalisons en ce moment sera entendue et servira à d’autres. Nous avons toujours été à la recherche de l’unité (et à chaque fois nous y sommes cassé-e-s les dents). Pour nous, la ligne politique prime sur l’organisation, et nous n’avons jamais hésité à briser nos outils organisationnels quand nous considérions que des contradictions devenaient trop profondes. Et nous le ferons de nouveau si nécessaire.

Nous ne prétendons pas du tout non plus être des héros et des héroïnes de la lutte anti-sexiste et de la lutte antifasciste.

Pourquoi des mobilisations en mixité

D’ailleurs, ce n’est pas de la théorie que nous partons pour construire cette mobilisation, mais de nos besoins psychologiques, de ce que nous ressentons dans nos tripes. Nous comprenons que cela puisse apparaître problématique à certaines que la manifestation aie eu lieu en mixité.

Nous ne voulons pas d’une non-mixité totale parce que nous ressentons le besoin d’une validation par le milieu antifasciste, par nos camarades de lutte et amis masculins du fait que ce qui c’est passé, c’est un crime fasciste.

S’il y a bien une chose que connaît le milieu antifasciste, c’est la violence, malheureusement. Et face à un viol, il y a deux lignes de démarcation, une ligne de démarcation féministe, et une ligne de démarcation par rapport à la violence et au fait de l’affronter.

Le milieu antifasciste est un milieu plutôt masculin, qui n’est pas exempt de travers sexistes, mais vu la façon dont les choses se sont déroulées chez nous, les leçons de morales féministes, nous ne nous en sentons pas d’en faire.

Du sexisme, du racisme, du classisme, de l’islamophobie, de la putophobie, du social-chauvinisme, nous en voyons partout autour de nous, chez nous. Il n’y a que des oppresseurs et des oppresseuses à l’aise dans leur rôle d’oppresseurs et d’oppresseuses qui peuvent se prétendre parfait-e-s.

Pourquoi la mobilisation doit partir des femmes

Ce sont les femmes qui sont victimes de viols, et ce sont les hommes qui violent. Lorsqu’un homme cis-genre ou non est violé, c’est pour être renvoyé au statut socialement dégradant de femme.

Comme l’a expliqué hier à Paris une camarade de l’AG féministe qui a organisé la manifestation, nous avons été sidérées par le nombre de femmes qui nous ont affirmé avoir elles aussi été victimes de viols lors des diffusions de tracts. Le caractère de masse du viol ne pouvait que nous sauter aux yeux dans toute sa violence systématique. C’est une question politique qui se traite collectivement.

Et dès le départ, en terme organisationnel, c’est vers les femmes que nous nous tournons. Mises en concurrence, chassées de l’espace public, économiquement bien souvent encore dépendantes des hommes, les femmes sont isolées. Elles sont également isolées face aux violences du patriarcat, face à leurs entourages qui les poussent au silence, nient, minimisent les faits, les culpabilisent, les rejettent, les considèrent comme dégradées, brisées.

Face au risque que la parole de l’une donne le courage à d’autres de parler, face au risque de devoir remettre en cause les rapports de pouvoir qui existent au sein de la famille, du groupe d’ami-e-s, de l’organisation, il faut réprimer la parole des femmes violées.

S’organiser entre meufs et trans, c’est briser l’isolement, se rendre compte que les violences que nous subissons individuellement sont des outils d’une répression systématique. C’est aussi la première étape permettant d’affronter le patriarcat ensemble.

Nous ne pensons pas que les victimes de viol se doivent d’être fortes, nous ne pensons pas, d’ailleurs, qu’on doive donner d’injonction quant à la façon dont une victime vit et traverse son traumatisme. Mais nous pensons que le collectif donne de la force. Nous savons que ce n’est pas parce que nous manifestons contre le viol que les viols s’arrêteront, par contre il apparaît évident que les solidarités que nous créons sont à mêmes de faire réfléchir à deux fois un potentiel agresseur.

Voilà pourquoi il est important pour nous de construire des espaces où les femmes et les trans sont libres de s’organiser, de déterminer leurs mots d’ordres et leurs types d’actions. Nous espérons que des femmes et les trans se saisissent de cette lutte et créent des solidarités pérennes.

Le vieux monde craque de toute part

Le capitalisme, crises après crises, ne peut plus apporter que davantage de chaos, de violences, de misère, de souffrance, de guerres.

Les guerres se multiplient car la crise affame les capitalistes : pour contrôler marchés, zones stratégiques et matières premières, ils sont prêts à sacrifier des millions de vies humaines. Au Proche Orient, en Afrique, en Ukraine, partout, les impérialistes violent et tuent.

Nous vivons dans un pays qui profite de l’impérialisme, mais nous n’en sommes pas moins nous aussi confronté-e-s à une vaste offensive contre nos droits sociaux, démocratiques. Nos rues sont sous occupation policière. Nos manifestations sont réprimées, interdites, quand le PS laisse traîner le vote du mariage pour tou-te-s à dessein, afin de mobiliser une opposition réactionnaire. Propagande islamophobe, raciste d’un côté, propagande complotiste de l’autre, tout cela afin de nous diviser, orienter nos luttes et nos révoltes dans le mur. Violences fascistes, policières, racistes, islamophobes, morts, tortures, viols.

A côté de cela, le patriarcat aussi a fait son temps. Nos familles sont recomposées, les mères célibataires élèvent seules dans la galère leurs enfants, lesbiennes, trans et gays veulent vivre leurs vies. C’est parce que nous savons et ressentons que le patriarcat est devenu un carcan pesant et inutile que sa violence nous paraît de plus en plus insupportable. De nouveaux rapports entre hommes et femmes, de nouvelles formes de solidarités familiales se dessinent, mais le patriarcat résiste et ce n’est pas spontanément ni sans une révolution que nous nous en débarrasserons.

Inutile d’espérer des lendemains heureux dans le système capitaliste, inutile aussi d’espérer qu’il s’effondre tout seul. Nous sommes tous et toutes conscientes des désastres qui se profilent et de la nécessité de mettre fin au capitalisme. Nous sommes très loin d’être à la hauteur de ces tâches, le mouvement révolutionnaire dans l’Etat français ne pèse pas grand-chose aujourd’hui dans la lutte des classes. Reconstruire ce mouvement révolutionnaire nous paraît une tâche essentielle, à laquelle nous souhaitons contribuer avec humilité.

Déclaration de l’OCML-VP Région parisienne en soutien à Lucie

Solidarité avec Lucie et toutes les victimes de viol : ni oubli, ni pardon !

Pour commencer, nos premiers mots sont à destination de Lucie et son organisation, l’Organisation Communiste Futur Rouge. Le courage qu’elle a eu de ne pas taire ce crime fasciste et sexiste, nous le saluons. Par sa détermination, elle nous donne l’occasion de renforcer nos combats communs contre les forces fascistes, les idées réactionnaires, sexistes et l’exploitation capitaliste.
La guerre sociale que nous prenons de plein fouet, les femmes en sont les premières victimes : précarité, souffrance au travail, harcèlement au travail ou de rue, chasses aux sans-papières, violences patriarcales, lesbophobie, transphobie… Le viol reste le crime total contre les femmes, moyen de les terroriser et de faire taire leurs révoltes et résistances. Nous devons donc condamner ces violences mais aussi organiser autour des victimes leurs défenses, par tous les moyens nécessaires, car c’est un vrai parcours de combattante d’affronter la justice bourgeoise pour faire juger un violeur. Pour cela, le choix de Lucie d’organiser sa défense par une manifestation comme celle-là, nous le respectons et le comprenons. Mais nous n’oublions pas non plus toutes les autres victimes qui sont anéanties par ces crimes.
« Féministes parce que maoistes » disons-nous à Voie Prolétarienne, et dans ce contexte d’attaques réactionnaires sur la question des femmes, de la famille, du genre et des LGBT, nous devons développer une critique de la famille traditionnelle bourgeoise, du rôle assigné aux femmes dans la société et de l’importance de cette structure pour le capitalisme : on a besoin de la famille ( et des femmes) pour reproduire la force de travail, pour fournir de la chair à patron et à canon ! Il ne peut donc y avoir d’émancipation des femmes et de tous sans une remise en cause du système qui les véhicule et s’en sert quotidiennement pour asseoir sa domination. C’est pourquoi il faut lutter pour un féminisme de classe et révolutionnaire qui met au centre de ses préoccupations les femmes opprimées et exploitées. Pas un féminisme pour la parité électorale ou une place aux CA des grandes entreprises.
Nous dénonçons avec Lucie tous les groupuscules fascistes qui dans nos boîtes, nos quartiers et nos villes sévissent. Ces dernières années, les exactions racistes, homophobes et transphobes se multiplient (agressions et répression de Dolorès à Toulouse, l’assassinat de Clément, les attaques ciblées sur les femmes voilées, la tribune qu’est pour eux la manif pour tous…). Les fachos qui tabassent les militants et terrorisent dans les rues et les quartiers sont des criminels ! Il nous faut donc organiser une réelle autodéfense populaire.
Nous disons « contre les idées réactionnaire, il faut un combat révolutionnaire ». Les idées réactionnaires ne naissent pas d’elles-mêmes, elles sont entretenues par ce système et sont nécessaires à sa survie.
Aujourd’hui, pas besoin pour la bourgeoisie de recourir au fascisme pour nous imposer sa dictature. Car la dictature de l’Etat, la guerre du capital, la barbarie de l’impérialisme, nous la subissons tous les jours et c’est sous la bannière de la démocratie avec le gouvernement Hollande qu’elle s’exerce contre nous : lois d’exception anti-terroristes, guerre sociale contre les prolétaires, criminalisation des actes de résistances comme cet été dans le mouvement propalestinien, expulsions des immigrés, chasse aux chômeurs, abandon de la PMA, patriotisme économique à toutes les sauces, guerres impérialistes comme en Syrie, en Irak…
Ce sont bien eux nos ennemis et contre eux il faut créer notre camp et créer une riposte populaire ! Créer notre camp ne veut pas dire taire les conflits entre nous et les inégalités qui existent dans ce système, nous les reproduisons aussi : division manuel/intellectuel, homme/femme, hétéro/LGBT, français/immigrés. Ça passe par le débat entre nous et la lutte politique. Mais aussi par l’éducation politique contre les idées réactionnaires qui existent au sein de notre camp (racisme, chauvinisme, sexisme, LGBTphobies…) pour s’unir face à notre ennemi commun.
Mais pour cela, il faut construire notre indépendance politique de classe autour de nos seuls intérêts. Car il n’y a pas d’alternative dans ce système autre que de le détruire ! Détruire le patriarcat, le capitalisme et l’impérialisme ! Prendre du pouvoir sur nos vies certes, mais surtout prendre le pouvoir politique ! Pour construire une autre vie, dans une autre société !

Solidarité avec Lucie ! Pour un féminisme de classe et révolutionnaire ! Entre barbarie et révolution, nous avons choisi : c’est la révolution !

Appel à manifestation le 11 octobre : Lucie, violée par un fasciste, ni oubli, ni pardon, fortes et solidaires !

affiche rouge 3Lucie, une militante de l’Organisation Communiste Futur Rouge, investie dans un groupe antifasciste, a été violée par un fasciste le 9 août 2013 aux abords d’une soirée.
Comme l’explique Lucie, elle ne souhaite pas porter plainte, choix que nous respectons. Pour protéger son intimité, son anonymat est conservé.

Le viol c’est politique

Ce viol était une attaque sexiste.
Ce viol visait Lucie et, avec elle, toutes les femmes : en violer une, c’est rappeler à toutes ce qu’elles risquent si elles ne restent pas à la maison ou discrètes, dans l’ombre et au chevet des hommes.
Les 150 000 viols qui ont lieu tous les ans ne sont pas des faits divers : le viol est l’arme ultime utilisée par les hommes pour nous terroriser, c’est une arme politique dont usent les hommes de tout bord (pas que les fascistes!) contre les femmes.


Ce viol est un crime fasciste

Tout viol est politique et, celui de Lucie l’est par deux aspects. « Salope de gauchiste, pute d’antifa », voilà ce qu’il lui a dit pendant qu’il la violait. C’est donc parce qu’elle est militante antifasciste que Lucie a été violée. Pour la stopper, l’empêcher de continuer à lutter.
Ce viol a été commis pour défier l’ensemble des militants antifascistes. Dans une logique similaire aux viols de guerre, son agresseur a réduit son corps à un champ de bataille, une propriété à prendre ou à défendre, en faisant un objet et un terrain d’affrontement entre hommes.

La peur doit changer de camp

Nous, femmes, meufs, trans, gouines, dans la rue comme dans nos vies privées, subissons des violences insupportables, de la part de nos ennemis comme de ceux qui nous sont proches.
VIOLENCES sexistes, policières, racistes, islamophobes, fascistes, transphobes, lesbophobes, de l’exploitation au travail, de l’Etat et de ses administrations, voilà notre quotidien.
La police comme la justice, non seulement ne s’affrontent pas à ces violences mais, souvent même, les perpétuent et/ou les encouragent en ne punissant pas les agresseurs.
Nous, femmes, meufs, trans, gouines, sommes habituées à devoir les affronter car ces violences sont quotidiennes : collectivement, nous pouvons faire naître la force d’y mettre fin.

Tête haute et colère au coeur

Lucie n’a jamais cessé de se battre : la violence sexiste et fasciste ne l’a pas brisée. Avec elle, nous voulons tenir tête et faire comprendre à tous les agresseurs que les femmes ne sont pas des victimes mais des combattantes, qu’unies et solidaires elles sont capables de riposter.
Nous saluons la détermination de Lucie, son courage de parler et de continuer à se battre. Comme Lucie, nous sommes en colère et déterminé-e-s : c’est à une riposte unie, antifasciste et féministe, que nous appelons.
Notre corps n’est pas un champ de bataille et d’affrontements entre hommes.
C’est lorsque nous sommes isolées les unes des autres que nous sommes vulnérables à toutes ces violences.
C’est pourquoi nous pensons qu’il est essentiel que ce soient les femmes, meufs, trans, gouines qui organisent la riposte face à ce viol. C’est ainsi qu’elles pourront s’organiser par et pour elles-mêmes et, commencer à briser, ensemble, leur isolement.

Nous invitons toutes celles et tous ceux qui partagent cette colère à rejoindre la mobilisation et à manifester à Paris le 11 octobre, à 15h à Ménilmontant.

Manifestation soutenue par :
8 mars pour toutes – AFA paris banlieue – CAPAB – Collectif du 8 Avril – CGA- fédération solidaires étudiant-e-s syndicat de lutte – femmes en lutte du 93 – ICAD – NPA 75 – OC-FR – STRASS – OCML-VP

Communiqué du NPA 75

Le NPA 75 a affiche violet 3pris connaissance du viol subi par une camarade antifasciste de l’Organisation Communiste Futur Rouge.
En plus de la nature profondément sexiste de ce crime, l’agresseur a clairement affirmé qu’il commettait cet acte contre une militante antifasciste en tant que telle.
Nous assurons la camarade de notre entière solidarité féministe. Le NPA 75 apportera son soutien matériel et politique à la mobilisation pour la visibilisation de cette agression, et en particulier à la manifestation du 11 octobre à 15h à Ménilmontant.
Alors que les menaces et agressions se multiplient contre les femmes et y compris contre les militantes, nous nous inscrivons pleinement dans le mot d’ordre de cette manifestation : « Ni oubli, ni pardon ! Fortes et solidaires !», et appelons l’ensemble des associations, organisations et partis à s’organiser collectivement contre ces attaques, en tant que violences faites à l’ensemble des femmes.